L'assurance retraite désigne d'abord le régime de base qui verse la pension des salariés du privé, géré par la Caisse nationale d'assurance vieillesse et les Carsat. Cette retraite ne couvre qu'une partie du revenu d'activité : la retraite complémentaire Agirc-Arrco et l'épargne retraite personnelle font le reste.
Le résumé
- Le régime de base verse la pension des salariés du privé, géré par la Caisse nationale d'assurance vieillesse et les Carsat.
- Il ne couvre qu'une part du revenu d'activité : la retraite complémentaire obligatoire s'y ajoute, et n'est pas facultative.
- Le relevé de carrière se vérifie bien avant le départ : une période manquante se corrige d'autant plus facilement qu'elle est ancienne à reconstituer.
Assurance hebdo est un magazine indépendant. Ce site n'a aucun lien avec L'Assurance retraite, et ne traite aucune démarche administrative. Pour consulter vos droits ou déposer une demande de retraite, l'espace personnel du site officiel lassuranceretraite.fr est le seul service compétent.
Ce que verse la retraite de base, et ce qu'elle ne verse pas
La retraite du régime général ne remplace qu'une fraction du dernier salaire, et cette fraction se réduit à mesure que la rémunération augmente.
Un actif du secteur privé cotise à deux étages obligatoires. Le régime général de la sécurité sociale sert la retraite de base, calculée sur le salaire annuel moyen des vingt-cinq meilleures années, la durée d'assurance et un taux. La caisse de retraite complémentaire Agirc-Arrco sert le second étage, cette fois en points : chaque euro cotisé achète des points, convertis en rente au moment du départ à la retraite.
Qui gère quoi en France. Trois acteurs se partagent l'information retraite :
- la Caisse nationale d'assurance vieillesse, la CNAV, qui pilote le régime général, ses caisses régionales, les Carsat, recevant le public ;
- l'Agirc-Arrco, qui gère la retraite complémentaire des salariés du privé ;
- les régimes propres à la fonction publique, aux indépendants et aux professions libérales, chacun avec son organisme.
Le service public info-retraite.fr rassemble ces droits en un seul compte retraite, quel que soit le nombre d'employeurs traversés. Cette architecture de protection sociale explique qu'un assuré ait souvent plusieurs interlocuteurs pour une seule retraite, et que l'information soit dispersée entre plusieurs services.
À quel âge, et avec combien de trimestres. La loi du 14 avril 2023 a relevé progressivement l'âge légal de départ à la retraite à soixante-quatre ans et porté la durée d'assurance requise à quarante-trois années, soit cent soixante-douze trimestres. Partir à l'âge légal sans cette durée entraîne une décote définitive. À soixante-sept ans, le taux plein est acquis automatiquement, quelle que soit la carrière. Ces bornes ne disent rien du montant : elles conditionnent seulement le droit à partir sans pénalité.
Ce que la réforme a changé pour les actifs. La réforme adoptée en 2023 est une mesure de financement : en allongeant la durée d'activité, elle réduit la période pendant laquelle le régime verse une pension. Pour l'assuré, le résultat concret est un report du départ, année de naissance après année de naissance. Elle a aussi élargi le minimum contributif, qui relève la pension des carrières complètes à faible salaire, et maintenu des départs anticipés pour carrière longue, incapacité ou pénibilité. L'actualité du dossier évolue encore, notamment sur le financement de la branche vieillesse, et un projet de loi peut modifier le code de la sécurité sociale d'une année sur l'autre.
Comment estimer le montant de votre pension
Le relevé de carrière est le document de référence. Il liste, année par année, les périodes retenues, les trimestres validés et les salaires reportés. Une année manquante ou un salaire absent se corrige, mais d'autant plus facilement que la demande est faite tôt : les justificatifs d'un premier emploi sont difficiles à retrouver quarante ans après.
Le relevé de carrière et les démarches en ligne. La consultation de la retraite en ligne se fait depuis l'espace personnel du site officiel. On y trouve trois informations utiles :
- Le relevé de situation individuelle, qui récapitule les droits acquis dans tous les régimes.
- L'estimation indicative globale, adressée à partir d'un certain âge, qui projette le montant de la pension à plusieurs dates possibles.
- Les outils de simulation, qui servent à estimer votre pension selon plusieurs scénarios de fin de carrière.
Une simulation n'est pas un engagement. Le calcul de la pension repose sur des hypothèses de salaire et de durée qui évoluent, et le montant définitif n'est arrêté qu'au jour de la liquidation. Comptez plusieurs mois de délai entre le dépôt du dossier et le premier paiement : c'est la raison pour laquelle une demande de retraite se prépare longtemps à l'avance.
Emploi et retraite : le cumul reste possible. Prendre sa retraite n'oblige plus à cesser toute activité, et le cumul est encadré par des règles précises.
Un retraité peut reprendre une activité. Le cumul emploi retraite est intégral lorsque l'assuré liquide toutes ses pensions au taux plein, et plafonné dans le cas contraire. Depuis la réforme, une reprise d'activité peut générer de nouveaux droits, dans des conditions précises. Ce point intéresse surtout ceux dont le niveau de vie baisserait trop en fin de carrière, et ceux qui veulent lisser la transition plutôt que s'arrêter du jour au lendemain.
Pourquoi un complément est devenu la règle
Le taux de remplacement, c'est-à-dire la part du dernier revenu que la pension remplace, se réduit au fil des générations. Les projections du Conseil d'orientation des retraites décrivent cette tendance depuis plusieurs rapports, et c'est la source la plus solide sur le sujet. Pour un cadre dont la rémunération dépasse le plafond de la sécurité sociale, l'écart est mécanique : la part du salaire au-delà de ce plafond ne génère aucun droit au régime de base, seulement des points de complémentaire.
C'est cette perte que l'épargne retraite est censée combler. Elle ne remplace ni la retraite de base ni la retraite complémentaire : elle vient après, et son intérêt se juge sur la durée pendant laquelle elle aura pu capitaliser. La prévoyance répond à une autre question, celle de l'arrêt de travail et de l'invalidité avant l'âge du départ.
Le plan d'épargne retraite : ce qu'il change
Créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, le plan d'épargne retraite a remplacé le PERP, le contrat Madelin, le PERCO et l'article 83. Il existe en trois formes : un plan individuel, souscrit à titre personnel, et deux plans d'entreprise, l'un collectif et facultatif, l'autre obligatoire pour une catégorie de salariés.
Son principal attrait est fiscal. Les versements volontaires se déduisent du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel, ce qui profite d'autant plus que la tranche d'impôt est élevée. Il faut les déclarer chaque année, le plafond disponible figurant sur l'avis d'imposition. La contrepartie est le blocage : les sommes restent indisponibles jusqu'à la liquidation, sauf cas prévus par la loi, dont l'acquisition de la résidence principale et plusieurs accidents de la vie.
Sortie en capital ou en rente. Le plan individuel autorise une sortie en capital, en rente viagère, ou une combinaison des deux. Le capital offre une liberté d'usage totale, mais la fraction correspondant aux versements déduits est réintégrée au revenu imposable l'année de la sortie, ce qui peut faire changer de tranche. La rente garantit un revenu jusqu'au décès et couvre le risque de vivre plus longtemps que prévu, au prix de l'abandon du capital.
PER ou assurance vie : lequel choisir
Les deux enveloppes ne répondent pas à la même question, et rien n'oblige à trancher. Le détail du second contrat est traité dans notre page dédiée à l'assurance vie.
- Disponibilité : l'assurance vie reste disponible à tout moment ; le plan d'épargne retraite est bloqué jusqu'à la liquidation, sauf cas prévus par la loi.
- Fiscalité à l'entrée : aucun avantage sur l'assurance vie, versements déductibles du revenu imposable sur le plan d'épargne retraite.
- Fiscalité à la sortie : régime favorable après huit ans de détention pour l'assurance vie, réintégration au revenu du capital déduit pour le plan.
- Transmission : régime successoral spécifique pour l'assurance vie, règles dépendant de l'âge au décès et du type de plan pour le second.
La logique la plus courante consiste à loger dans le plan d'épargne retraite l'effort de long terme, celui dont on sait qu'il ne sera pas mobilisé, et à garder sur l'assurance vie la réserve de précaution et les projets à échéance incertaine. Un client prudent conserve au minimum une réserve disponible avant de bloquer quoi que ce soit, et un comparateur d'assurance ne dispense jamais de lire les frais de gestion ligne à ligne.
La santé au moment du départ
Le sujet est souvent oublié dans la préparation de la retraite. La complémentaire santé collective d'entreprise cesse au départ à la retraite. La loi Évin permet d'en conserver le bénéfice à titre individuel, avec une progression du tarif encadrée les premières années, mais la cotisation n'est plus partagée avec l'employeur. Comparer cette continuité avec une mutuelle santé individuelle fait partie du même travail de préparation que l'épargne, et la dépense de santé pèse davantage à mesure que l'âge avance. Au-delà, l'assurance dépendance couvre un risque distinct, celui de la perte d'autonomie.
Quand commencer à préparer sa retraite
La retraite se prépare pendant la vie active, pas au moment de la liquidation : c'est la durée d'épargne, et non l'effort mensuel, qui fait l'essentiel du résultat.
Plus tôt l'effort débute, plus la capitalisation travaille. Un versement mensuel modeste engagé à trente ans produit, à rendement égal, un capital supérieur à un effort bien plus lourd démarré à cinquante ans, simplement parce que les intérêts ont eu vingt années de plus pour se cumuler.
Quatre moments justifient de refaire le calcul :
- un changement de tranche d'impôt ;
- une hausse durable de revenu ;
- l'arrivée du relevé de situation, qui donne enfin un ordre de grandeur du droit acquis ;
- l'arrivée d'un enfant, qui ouvre des trimestres supplémentaires et modifie la date à laquelle le taux plein sera atteint.
Refaire le point tous les cinq ans suffit dans la plupart des situations.
Questions fréquentes
Faut-il demander sa retraite, ou est-elle versée automatiquement ?
La demande de retraite est obligatoire. Elle se dépose en ligne, de préférence plusieurs mois avant la date de départ souhaitée, afin que les régimes disposent du délai nécessaire pour instruire le dossier.
Que devient la pension au décès ?
Une pension de réversion peut être versée au conjoint survivant, sous des conditions d'âge et de ressources qui diffèrent selon le régime. Les règles du régime général et celles de la retraite complémentaire ne se recouvrent pas.
Le montant annoncé par un simulateur est-il garanti ?
Non. Il s'agit d'une projection fondée sur la carrière connue à la date du calcul et sur des hypothèses de poursuite d'activité.
Quel service contacter pour une information sur sa retraite ?
Celui du régime dont vous relevez : la CNAV et les Carsat pour le régime général, l'Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire des salariés.
Comment créer son espace personnel de retraite ?
Depuis le site officiel du régime dont vous relevez, avec vos identifiants France Connect ou un compte créé sur place. Ce site ne gère aucun compte et n'a accès à aucun dossier.
Quels sont mes droits si j'ai cotisé à plusieurs régimes ?
Chaque régime verse sa part, calculée selon ses propres règles. Le compte retraite unique du service public les rassemble, ce qui évite d'interroger chaque caisse séparément.
Peut-on cotiser après un départ anticipé ?
Oui, dans le cadre du cumul emploi retraite, avec des règles qui dépendent du taux obtenu au moment de la liquidation.
Où trouver une information fiable sur la retraite
Une information de retraite fiable ne se paie pas. Le service d'information retraite est public et gratuit : le compte unique regroupe les droits de tous les régimes, et chaque caisse de retraite répond sur son propre périmètre. Un magazine comme celui-ci n'a pas vocation à s'y substituer. Notre rôle est de rendre lisible ce que ces services publient, de suivre l'actualité de la réforme et d'expliquer les produits d'épargne retraite que le régime obligatoire ne couvre pas. Pour toute information personnelle, relevé de carrière, demande de retraite ou réclamation, l'organisme dont vous dépendez reste le seul interlocuteur légitime.












