L'assurance multirisque immeuble (MRI), également appelée assurance copropriété, est une garantie collective souscrite par le syndicat des copropriétaires pour protéger les parties communes de l'immeuble. Rendue obligatoire par la loi ALUR de 2014, elle s'applique à toutes les copropriétés, quelle que soit leur taille. En l'absence de cette assurance, le syndicat et les copropriétaires s'exposent à des risques financiers considérables en cas de sinistre affectant les parties partagées du bâtiment.
Ce que couvre l'assurance copropriété
L'assurance copropriété garantit les parties communes de l'immeuble : toiture, façades, cages d'escalier, hall d'entrée, ascenseur, parking commun, local poubelles, local vélos. Les garanties standard incluent l'incendie et l'explosion, les dégâts des eaux provenant des parties communes, les tempêtes et catastrophes naturelles, le vol dans les parties communes et les actes de vandalisme. La responsabilité civile du syndicat est une garantie essentielle : elle couvre les dommages corporels ou matériels causés à des tiers (locataires, visiteurs, passants) du fait des parties communes (chute d'un élément de façade, glissade dans les escaliers, ascenseur défectueux). Certains contrats incluent aussi la protection juridique du syndicat.
Répartition des primes entre copropriétaires
La prime d'assurance multirisque immeuble est payée par le syndicat via les charges de copropriété et répartie entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes dans les charges générales (et non selon la surface privative). Un copropriétaire propriétaire de 150 tantièmes sur 1 000 paie 15 % de la prime totale. Cette cotisation collective apparaît dans votre appel de charges trimestriel ou annuel. Chaque copropriétaire reste tenu de souscrire sa propre assurance du logement pour ses parties privatives (appartement, cave, parking privatif) et sa responsabilité civile envers les autres résidents et les parties communes.
Sinistre en copropriété : qui indemnise quoi ?
La gestion d'un sinistre en copropriété peut être complexe lorsque le dommage touche à la fois des parties communes et privatives. Par exemple, une fuite provenant d'une canalisation commune qui inonde plusieurs appartements : l'assurance MRI prend en charge les dégâts des parties communes et peut couvrir les dommages aux appartements selon les conditions du contrat. Les propriétaires touchés doivent simultanément déclarer le sinistre à leur propre assureur habitation pour leurs biens mobiliers et les dégâts de leurs parties privatives. La convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) simplifie les échanges entre assureurs pour les sinistres inférieurs à 5 000 € : un seul assureur gère l'indemnisation et se retourne ensuite contre l'assureur responsable.
Choisir et renégocier l'assurance de votre copropriété
Le choix ou le renouvellement de l'assurance de copropriété relève du syndicat des copropriétaires, sur proposition du syndic. En assemblée générale, les copropriétaires votent le contrat d'assurance à la majorité simple (article 24 de la loi de 1965). Si vous estimez que le contrat actuel est inadapté ou trop cher, vous pouvez demander à votre syndic de lancer un appel d'offres auprès de plusieurs assureurs. La mise en concurrence peut générer des économies de 10 à 25 % sur la prime collective. Pour les bailleurs, pensez à l'assurance loyer impayé. Vérifiez aussi si les garanties sont à jour : un immeuble rénové ou ayant bénéficié d'importants travaux mérite une réévaluation du capital assuré pour éviter la sous-assurance en cas de sinistre majeur.









